Elle a démarré son stage.

Publié le par Harlequin Girl

Aujourd'hui, c'était ma 2ème rentrée ... celle de mon début de stage. J'avais rendez-vous à 8h30 devant l'école primaire où je vais travailler en majorité. Après une nuit d'insomnie, c'est super bien réveillée que je me suis préparée : douche, choix des vêtements : leggin court, robe d'été ; maquillage, coiffure, petit déjeuner ... et là, c'est le drame, je renverse mon chocolat chaud sur mon leggin !!! Heureusement, j'ai réussi à sauver les meubles en le nettoyant en quatrième vitesse, et je suis même partie à l'heure ! Je suis donc naturellement arrivée avec un peu d'avance dans ma nouvelle école. L'assistante sociale qui me reçoit pendant ce stage était là, elle m'attendait. Elle m'a présenté aux enseignants déjà présents. Les enfants jouaient dans la cour, ils semblaient heureux, loin de tous les problèmes qui pèsent sur les épaules de certains parents ... J'ai également rencontré les agents de la mairie (ATSEM, personnel de cantine ...). Et les choses sérieuses ont démarré en recevant la première mère d'élève.

La grande problématique de ce quartier bourgeois de la ville est que de très nombreuses familles sans papiers sont logées dans les hôtels du quartier par une association. Il y a donc fort à faire en matière d'immigration, de logement et d'aide sociale en tout genre pour ces enfants qui vivent parfois dans la rue, ou logés à droite à gauche. Et en à peine une demie journée de stage, je suis déjà horrifiée et écoeurée par la politique de la préfecture du département, qui n'a aucune morale, aucune limite, qui va jusqu'à envoyer la police chercher une mère de famille pour l'expuler à 5h45 du matin ... Bref, je suis écoeurée de voir que ce nouveau gouvernement, qui se voulait humain, est en réalité bien incapable face à des mesures d'immigration humaine. Que répondre à un jeune couple, parents de 4 enfants dont 3 sont scolarisés depuis 3 ans, dont le père est malade, qui sont menacés par une obligation à quitter le territoire français et qui pensaient que leur demande de titre de séjour avec autorisation de travailler n'avait pas été accepté, alors que la Préfecture leur avait fait croire le contraire, les faisant venir avec leurs passeports sur place ... ??? Tout ceci est intolérable mais on dirait que tout le monde s'en fout. Actuellement, une grande place est occupée par des familles qui ont été délogés à la fin de l'été. Des enfants, des bébés vivent donc dans des tentes, en pleine ville ... Et ça ne choque plus.

Heureusement, les parents d'élève de cette école sont très militants et défendent ces familles. Car avant d'être "sans papier", ils sont surtout humains, des pères, des mères, des enfants ... et il serait inhumain justement de les rejetter. Les enfants s'accrochent à l'école, ils n'ont que ça. Et pourtant, même là, ce droit est fragile ... A cause des classes surchargées.

Je ne vais pas épiloguer plus longtemps sur ce sujet, mais voilà, je vais être confrontée à ça au quotidien et j'espère que dans les semaines qui vont suivre, le gouvernement va enfin agir dans le bon sens et les préfectures appliquer les lois, notamment celle qui interdit d'emmener les enfants !!!

 

Mise à part ça, je sens que je vais me plaire. Je me retrouve plongée dans mes souvenirs d'enfant, avec la cloche qui sonne, la cour de récré, la marelle, les cartables, les casiers, la cantine ... Mais cette fois, je suis de l'autre côté, je mange dans la salle des professeurs, je bois le café (enfin le chocolat) avec l'infirmière scolaire et les ATSEM ... Et je veille à ces petites têtes blondes, brunes, rousses ... jouer naivement dans la cour, comme des enfants ...

Publié dans Moi & mes jobs

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Ortisse 14/09/2012 19:27


Personnellement, je ne crois pas que les gens s'en foutent... Loin de là même, Mais peut-être que parfois quand on est soit même englué dans ses propres problèmes on n'a plus l'énergie de se
battre aussi pour les autres, ça semble égoïste j'en conviens, mais quand on se noie, difficile d'aller également sauver l'inconnu qui est à côté. Mais comme tu le dis, quand il s'agit de gens
qu'on côtoie, les copains de classe de ses enfants, les gens y vont et se battent, c'est ce qui me fait dire que tout n'est pas perdu.


Enfin, pour bosser moi même dans une administration (pas celles dont tu parles) je vois comme les choses sont lentes à bouger, alors là encore j'essaye de ne pas perdre espoir et de me dire que
peut-être ça va évoluer... Parce que quand on regarde les enfants jouer, on a envie d'un monde meilleur!

TRUEBA 14/09/2012 08:55


Bonjour


je vous souhaite donc une belle 2ème année. Que votre stage soit des plus constructifs pour votre futur carrière.


Chrystèle

Ljubi 13/09/2012 22:10


Voilà pourquoi je n'ai pas voulu devenir assistante sociale comme mes parents...


Courage à toi dans ce métier difficile!

Pascale, Eléa et Faustine 12/09/2012 23:43


Ca doit être dur d'arriver à ne pas t'impliquer trop émotionnellement... Car si tu le fais, tu dois vite y laisser ton moral et ta santé non ? On vit à côté de gens dont on n'imagine même pas le
drame au quotidien, je suis persuadée...

la famille de zinzins 11/09/2012 18:29


je touche du bois, ici j'ai jamais eu à traiter ce genre de choses. je sais que sur la roche sur yon (prefecture de vendee) il y a quelques cas. heureusement je suis epargnée par ce combat!!!!